jeudi 25 novembre 2021

Quatre saisons

 

Choisir douze aquarelles dans les travaux d'illustrations réalisés cette année pour l'Atelier des Noyers. Y associer douze extraits qui me porte, pour le plaisir du partage et de la poésie. Les décliner en douze mois d'un petit calendrier permanent, sur un beau papier texturé à la douce nuance crème, sur lequel il sera facile de noter les anniversaires, les rendez-vous, les coups de coeur... C'est le petit objet que vous propose pour les fêtes, à glisser sous le sapin ou dans une enveloppe.



Format A5, beau papier rives épais couleur crème, reliure spiralée blanche, trou de perforation pour un accrochage vertical. 12 euros.

• Où le trouver ? 

- dès maintenant auprès de moi, par courrier ou sur les salons (envoi postal, +2euros)

- bientôt auprès de l'Atelier des Noyers, sur internet ou sur les salons

- à la boutique Underground rue Charrue, Dijon, dans le caveau duquel j'expose à partir du 2 décembre.

- à la librairie Les sandales d'Empédocle à Besançon.


jeudi 11 novembre 2021

Parole et silence / Christiane Keller

 

Faire corps

avec ce qui palpite

de présences.

 

Furtive et fragile

lumière qui aspire

ce qui en la chair respire

 

puis s'éteint en étreignant

meurt en se donnant

 

jusqu'au prodige d'un silence

jusqu'à la pudeur d'un souffle.

 

Christiane Keller, poète, auteure, théologienne, publie ces jours-ci un très beau texte,  Creuse en moi Ton silence, aux éditions de l'Atelier des Noyers. Un livre à lire dans le rond jaune de la lampe aux premières heures du jour, dans le creux d'un jour de brouillard, dans le velours d'une soirée d'automne. Coup de coeur...

 

D'où la tiendrais-je

cette parole étonnée

si elle ne jaillissait

de l'imprononçable secret

qui chaque matin

défie les luttes nocturnes

par les audaces de ce cri 

dansé par-dessus les jardins.

"C'est aujourd'hui même résurrection !

Traversons."

 

Et l'instant qui se cabre

capte des prodiges

sous les plaies.

 

> Christiane Keller, Creuse en moi Ton silence, Atelier des Noyers, 2021, disponible en librairie ou sur le site de l'Atelier des Noyers.

lundi 4 octobre 2021

Ambassadeurs

 

Echappés du jardin, 

brunis de soleil et battus par le vent

nous venons pour vous dire

que notre maître, l'automne

parfois

est tissé de lumière.


samedi 2 octobre 2021

Frugalité (suite)

 En écho au texte de Frédérique Germanaud proposé il y a quelques jours et qui a suscité de riches échanges sur ce blog et par courriel, je reçois d'Odile ce beau texte de Joël Vernet, extrait de Carnets du lent chemin, copeaux

"Plus tard, de manière insidieuse, la vie a de nouveau basculé dans le monde actuel. Le monde que nous connaissons, tel qu’il est devenu et tel qu’il promet d’être ou de devenir, ouvert sur le culte de l’argent-roi, sur le pouvoir absolu et aveugle des gouvernants de nos pays. Le consumérisme, la mondialisation et la barbarie font horreur au poète. Qui en appelle à l’insurrection. Étranger se sent-il. Depuis les origines. En marge d’une société qu’il voue aux gémonies. Et davantage encore depuis qu’une frénésie compulsive s’est emparée de l’humanité, la conduisant droit au désastre.

 

Que faire lorsque l’on s’est exilé en soi-même, sinon retourner à l’essentiel ? Renouer avec le ciel et les nuages. Avec « la beauté primitive du monde ». Avec le bestiaire amical et paisible qui anime le jardin. Merles noirs, mésanges et rouges-gorges. Sauterelles et lézards. Escargots et lucioles. Et toujours revenir vers la maison natale qui l’attend, lui le vagabond, le nomade, le gitan ; la maison immobile, inchangée, chargée de présences et de souvenirs. Gardée par la mère qui jamais ne sait quand son fils va revenir. « Tu n’as jamais été là pour tes jours d’anniversaire, toujours à l’étranger, loin de nous », lui dit-elle lorsqu’il surgit à l’improviste.

 

Et, qui va de pair avec l’errance du poète, l’écriture. Nourrie de ces autres vagabondages que sont les lectures. Une écriture vitale, qui tient le poète au corps et au cœur. Fidèle à son être, consubstantielle à son existence. Écriture de la vie, dégagée de toute mainmise, de toute superficialité, de toute ambition personnelle, de tout calcul, de toute richesse. De toute recherche. Écriture du regard, du fragile et du minuscule. Écriture tissée de silence et de solitude. Plus de cinq cents pages d’une écriture vivante pour dire ce qui happe ce qui taraude ce qui révolte ce qui hante jusqu’à l’angoisse et jusqu’au désespoir. Pour dire aussi les joies modestes qui soignent et qui apaisent."