jeudi 4 juin 2020

Le jeu des titres #2

Voici un nouveau poème par titres dérobés. 
Il est un peu mélancolique mais pourquoi pas ?


Ce jeu m'amuse décidément beaucoup, et j'aime ces rencontres improbables entre Stéphane Hessel et Erri de Luca (qui auraient sans doute eu beaucoup de choses à se raconter).

Une fois, un jour
ô ma mémoire
refaire le monde
ensemble, c'est tout.


J'y joins celui que m'a envoyé Marie à la suite de mon précédent article sur le même sujet. Hasard des bibliothèques et des inspirations, il finit par les mêmes mots :



samedi 30 mai 2020

Le jeu des titres



Connaissez-vous - je l'ai découvert durant le confinement - ce jeu délicieux qui consiste à empiler des livres de façon à composer, avec leur titre, un poème improbable ?
Ma fantaisie du jour se se lit donc ainsi :

Tu peux rêver 
dans la forêt
voir
la vie en vert
habiter en oiseau
une maison parmi les arbres

l'amie Izys s'y adonne régulièrement :




J'adore !
Et vous, avez-vous déjà joué de cette façon ? A vos bibliothèques, ami-e-s des livres (et si vous m'envoyez des propositions, je les publierai avec plaisir).

lundi 25 mai 2020

Lu durant le confinement...

.
.. et pour tout, dire, alors que j'étais encore sous le coup du covid. Comme beaucoup de monde.
Il se trouve que je n'avais jamais lu La Peste. J'aurais aimé le "relire". Parce que, forte de ma lecture précédente, je l'aurais sans doute lu différemment. Mais cette lecture, enfermée chez moi, ne sortant, masquée, que pour les courses de première nécessité, et tandis que tous les soirs s'égrenaient à 20 h les chiffres de mortalité, m'a donné l'impression de lire un reportage. Je suis tombée des nues quand quelqu'un, devant moi, a évoqué la métaphore du totalitarisme que cachait l'idée de la maladie. Elle m'avait absolument échappée : je ne pouvais que me dire "Ah ! l'héroïsme des soignants ! Ah ! le sgens qui fuient les villes ! Ca y est : les hôpitaux de campagne, la saturation des morgues, ils en sont là, ça va nous arriver".  Et, de fait, c'est ce qu'annonçaient les journalistes, le soir...
Drôle d'expérience d'une littérature qui avait perdu son goût. Une sorte de lecture en noir et blanc.
Et vous, avez-vous (re)lu L'amour au temps du choléra ? Le hussard sur le toit ? Nemesis ? Le Decaméron ?... Et qu'en avez-vous tiré ? 


"En regardant par la fenêtre sa ville qui n’avait pas changé, c’est à peine si le docteur sentait naître en lui ce léger écœurement devant l’avenir qu’on appelle inquiétude. Il essayait de rassembler dans son esprit ce qu’il savait de cette maladie. Des chiffres flottaient dans sa mémoire et il se disait que la trentaine de grandes pestes que l’histoire a connues avait fait près de cent millions de morts. Mais qu’est-ce que cent millions de morts ? Quand on a fait la guerre, c’est à peine si on sait déjà ce qu’est un mort. Et puisqu’un homme mort n’a de poids que si on l’a vu mort, cent millions de cadavres semés à travers l’histoire ne sont qu’une fumée dans l’imagination. Le docteur se souvenait de la peste de Constantinople qui, selon Procope, avait fait dix mille victimes en un jour. Dis mille morts font cinq fois le public d’un grand cinéma. Voilà ce qu’il faudrait faire. On rassemble les gens à la sortie de cinq cinémas, on les conduit sur une place de la ville et on les faits mourir en tas pour y voir un peu clair. Au moins, on pourrait mettre alors des visages connus sur cet entassement anonyme. Mais, naturellement, c’est impossible à réaliser, et puis qui connaît dix mille visages ?"

mercredi 20 mai 2020

Revenir / Guy Goffette


Il faudra bien revenir un jour
quand la force de nos bras
aura chu dans les seaux
quand nos jambes seront de laine
et le sol plus mouvant que les eaux
quand l'oreille bourdonnera
comme un nid de frelons
frappé par l'orage et que l'oeil
cherchera l'aube en plein midi
il faudra revenir ici calmement
et s'asseoir au milieu de soi
pour voir le monde  alentour
comme l'or du forsythia.

Guy Goffette, L'or du forsythia, in Pain perdu

dimanche 10 mai 2020

Je ne saurais me dire confinée...


(petits instantanés du jardin)
 
L'essentiel est d'être consciente de la chance que j'ai.