jeudi 13 juillet 2017



Still Life se met en pause pour un grand été de lecture. 
Rendez-vous au bout de l'été.

vendredi 23 juin 2017

BLEU #3


"La substance du ciel est d'une tendresse étrange."

L'azur certains soirs a des soins de vieil or. Le paysage est une icône. Il semble qu'au soleil couchant, le bleu qui se craquelle se reprenne un instant à croire à son bleu. Un jour inespéré se lève tandis que sur la mer la nuit prend ses appuis. 

Lentement le mystère se déplace d'un coin de l'horizon à l'autre...

J.-M. Maulpoix. - « La substance du ciel est d'une tendresse étrange». - Une histoire de bleu. – 
Paris : N.r.f., Poésie/Gallimard, 2005. 






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Ou encore LÀ.




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jeudi 22 juin 2017

BLEU #2


"Ne croyez pas que tout ce bleu soit sans douleur."

La mer n'est pas une image naïve épinglée dans la chambre au-dessus du lit parmi les peluches et les bijoux d'un sou. 

Lorsque le coeur ne nous bat plus, nous guettons le grand large dans les flaques de la rue afin d'y laper notre misère et d'offrir à notre désir un semblant de ciel. Parfois nous regardons  intensément les yeux de nos semblables, espérant y trouver la mer et y sombrer brièvement...

J.-M. Maulpoix. - « Ne croyez pas que tout ce bleu soit sans douleur ». - Une histoire de bleu. – 
Paris : N.r.f., Poésie/Gallimard, 2005. 






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mercredi 21 juin 2017

BLEU #1



...On voudrait jardiner ce bleu, puis le recueillir avec des gestes lents dans un tablier de toile ou une corbeille d’osier. Disposer le ciel en bouquets, égrener ses parfums, tenir quelques heures la beauté contre soi et se réconcilier.

     On voudrait, on regarde, on sait qu’on ne peut en faire plus et qu’il suffit de rester là, debout dans la lumière, dépourvus de gestes et de mots, avec ce désir d’amour un peu bête dont le paysage n’a que faire, mais dont on croit savoir qu’il ne s’enfièvre pas pour rien, puisque l’amour précisément est notre tâche, notre devoir, quand bien même serait-il aussi frêle que ces gouttes d’eau d’après l’averse tombant dans l’herbe du jardin.


J.-M. Maulpoix. - « Convalescence du bleu après l’averse ». - Une histoire de bleu. – 
Paris : N.r.f., Poésie/Gallimard, 2005.







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dimanche 18 juin 2017

Message personnel


Ce matin la lumière 
a quelque chose à dire
au goudron de la route

Bien reçu.

dimanche 11 juin 2017

Nous sommes venus prendre des nouvelles des cerises / Frédéric Kiesel


Nous sommes venus prendre des nouvelles des cerises. 
Nous savons que vous allez bien
Nous n'étions plus venus depuis l'avant-printemps.
Nous n'avons pas vu fleurir les cerisiers cette année.
Les miracles sont courts. Nous étions en Tunisie,
Oublieux des saisons d'ici.
Depuis lors, il avait gelé, et nous avons craint pour les fruits.
Ils sont noués, déjà gros malgré les chaleurs tardives.
Ils vont bientôt rougir, attirant les merles.
L 'hiver a été long cette année.
Pour vous aussi ?
Oui ?
Les cerises, les merles ne les mangeront pas toutes.
Aucun épouvantail ne les impressionne.
Nous sommes venus pour vous aussi.
Il ne faut pas, il ne faut jamais vieillir.
Vous ne nous parlez jamais d'une maladie.
Nous mangerons avec vous, comme chaque année, les cerises que les oiseaux laisseront.
Deux de vos arbres portent les noms de nos filles.
Elles en sont propriétaires par le sentiment.
Elles ont ici des racines qui les relient gaiement à la terre ancestrale où elles ne sont pas nées.
Continuez à ne pas changer.
Gardez la même voix, le même regard avec les années.
Nous vous aimons tellement sans vous le dire.
Nous refusons de penser au temps où nous n'aurons plus d'autres liens avec cette terre
que des arbres.
Nous sommes venus prendre des nouvelles des cerises.


jeudi 1 juin 2017

Berceuse pour moi / Anne Sylvestre

 Je voudrais, je voudrais
Qu´on me laisse dormir
Qu´on me laisse dormir
Qu´on me laisse rêver
À en presque mourir
À en presque mourir

Je voudrais me rouler par terre
Et m´enterrer dans des coussins
Chanter, chanter ou bien me taire
Pour le plaisir et puis pour rien
Chanter n´importe quoi, des heures
Sans l´idée de gagner mon pain
Chanter pour que doucement meurent
Les heures du petit matin

Et je voudrais que l´on m´épargne
Comme on épargne maintenant
Ces jeunes filles de cocagne
Belles involontairement
Je voudrais qu´on me considère
Même si je n´en remets pas
Même si j´ai les pieds par terre
Et la santé d´un acacia

(...)

Je voulais paraître fragile
Pour qu´on me berce rien qu´un peu
Mais le jeu est trop difficile
Fragile? Non, je ne le peux
Je me battais avec une ombre
Sachant bien que plus simplement
Quand il fait doux, quand il fait sombre
Je m´endors naturellement
 
Je saurai, je saurai
M´arranger pour dormir
M´arranger pour dormir
Et ne pas trop rêver
Pour ne pas en souffrir
Pour ne pas en mourir
Qu´on me laisse dormir




mercredi 17 mai 2017

Vivre / Christiane Singer


"Ce qu'il y a à vivre, il va falloir le vivre."

"Faire des plans d'avenir :
C'est aller à la pêche là où il n'y a pas d'eau.
Rien ne se passe jamais comme tu l'as voulu ou craint.
Laisse donc tout cela derrière toi."

"La vie s'écoule
Avec la précipitation écumante
D'un torrent de montagne."

Christiane Singer, Derniers fragments d'un long voyage.

 

dimanche 30 avril 2017

Le combat ordinaire


 
Chaque matin
Je range la douceur
Avec la fantaisie
Je glisse la tendresse
A plat dans un tiroir
Je replie mes espoirs
(Soigneusement pour ne pas qu’ils se froissent).

Chaque matin
Je mets mon air sage
Je sangle mon casque
J’ajuste ma carapace
Je boucle mon masque
Sur mon visage.


Chaque matin
est un combat.

Chaque matin
est un fracas.

Chaque jour
est un mensonge.

dimanche 2 avril 2017

La visite



Ecoute !

C’est la lumière
qui passe sur la mer
et c’est comme un baiser
une caresse
une soie qu’on défroisse
et la mer /  l’eau amère
en a
le rose
aux joues.

Ecoute !

Rosée,  la nacre
le creux
la conque
garde le souvenir
de l’amer
et du rose
    et la chair coquillage
    et la nacre tiède
    se disent des secrets
    de lumière
    et de mer.


Dans les branches le vent
chuchote des colères
hurle des mots d’amour
tord
arrache
et façonne
la chair
vive
des arbres.

Ecoute ! Sous l’orage
la forêt tout entière
soupire
et plie.
Sens-tu ?
les feuilles ce matin
ont comme
un goût
de sel.


La tempête a passé
et l’automne
et la mer
et le rose pourpré, même, aux joues des filles

c’est le soir

les arbres du jardin se taisent

attendent

le jour n’en finit pas

de finir.


Quand la brise se lève
Une feuille s’étonne.
Ecoute...
Un Visiteur s’en vient
    visiter
                le jardin.

dimanche 19 mars 2017

Retour sur l'installation "Sans bruit"


Le week-end dernier à l'église Saint-Michel de Dijon, entièrement envahie de soleil 
et d'installations invitant à la méditation et à la réflexion.



L'occasion (pas si courante) d'exposer mes mots, 
de donner à lire mes vers en même temps que mes... verts.
Et d'en discuter avec les visiteurs.


Un très beau moment.

jeudi 9 mars 2017

Sans bruit #3



C’est la vie nue
dans le silence
la chair nue que mord le soleil
la danse lente d’une abeille
le mauve et l’or à pleines dents


mon parfum
est un rire
ma couleur
est un chant

C’est l’explosion que je veux dire
le feu
la joie
 et le printemps




les jours s’allongent
ainsi s’étire ton ombre

ECOUTE !


C’est avril
encore une fois
C’est le printemps qui fait sa loi
C’est la terre qui se renouvelle

C’est la louange
des sans-voix


[Sans bruit a été écrit - et peint - pour l'exposition "Ecouter le silence", dans le cadre des semaines culturelles qui se tiennent à l'église Saint-Michel de Dijon, dans la première quinzaine de mars 2017. Concert, conférence, rencontres. Exposition mise en scène à l'église, en compagnie de Bruno Rotival (photographe) et Viola Montenot (sculptrice) les 11 et 12 mars]

mardi 7 mars 2017

Ecole buissonnière



Ce week-end, quelques mots sortent de "Still Life" 
et vont s'exposer à Dijon.
J'y serai.

samedi 4 mars 2017

Sans bruit #2




[Sans bruit a été écrit - et peint - pour l'exposition "Ecouter le silence", dans le cadre des semaines culturelles qui se tiennent à l'église Saint-Michel de Dijon, dans la première quinzaine de mars 2017. Concert, conférence, rencontres. Exposition mise en scène à l'église, en compagnie de Bruno Rotival (photographe) et Viola Montenot (sculptrice) les 11 et 12 mars]

samedi 25 février 2017

Sans bruit #1



A pas de loup
à pas de grain
à pas de feuille
et de silence

à pas de mousse
à pas de rien
à pas perdus
à pas de danse

sous la surface
où vos pas vont

obstinément
déterminée

infiniment
résolue

nourrie de sels
et de limon
gorgée de brun
et de brouillard

profusément

mais en secret

je pousse




ECOUTE !

la terre est lourde
de la patience
des graines


[Sans bruit a été écrit - et peint - pour l'exposition "Ecouter le silence", dans le cadre des semaines culturelles qui se tiennent à l'église Saint-Michel de Dijon, dans la première quinzaine de mars 2017. Concert, conférence, rencontres. Exposition mise en scène à l'église, en compagnie de Bruno Rotival (photographe) et Viola Montenot (sculptrice) les 11 et 12 mars]

mercredi 15 février 2017

Fenêtre


« La poésie peut raconter des histoires. La poésie peut être un film d’horreur, une blague, un cri sauvage, une nuit blanche d’adolescent, une question, un naufrage, un dialogue. La poésie a tous les droits tant qu’elle sait s’adresser à l’autre en restant sincère. Je voudrais qu’elle soit l’air frais que fait tourner la bête en dansant sur elle-même. Je voudrais qu’elle soit une fenêtre qui s’ouvre, pour s’échapper et se retrouver. Le sourire du monstre qui répond à notre silence. » 

Thomas Vinau

lundi 6 février 2017

Les alliés inattendus



L’hiver secoue mes vitres
janvier claque mes portes
mais la soie du rideau
contre la nuit
frissonne.

Dans la cheminée froide
la bise fait colère
le jour grince des dents
la pluie tache les murs
entre la nuit et moi
la lampe fait la ronde.

Les sauveurs familiers

les alliés invisibles

les combattants discrets

les gagneurs de printemps :

grâce leur soit rendue.


Dans le ciel noir de suie
un corbeau s’échevèle
l’aube grogne
l’aube pleure
dans le rond de la lampe
la jacinthe
a fleuri.


samedi 4 février 2017

L'Heure / Victor Hugo


"Il y aura une heure de pleine fraternité, comme il y a une heure de plein midi. Ne perds pas courage, ô pitié ! Quant à moi, je ne me lasserai pas, et ce que j’ai écrit dans tous mes livres, ce que j’ai attesté par tous mes actes, ce que j’ai dit à tous les auditoires, à la tribune des pairs comme dans le cimetière des proscrits, à l’assemblée nationale de France comme à la fenêtre lapidée de la place des Barricades de Bruxelles, je l’attesterai, je l’écrirai, et je le dirai sans cesse : il faut s’aimer, s’aimer, s’aimer ! Les heureux doivent avoir pour malheur les malheureux. L’égoïsme social est un commencement de sépulcre. Voulons-nous vivre, mêlons nos cœurs, et soyons l’immense genre humain. Marchons en avant, remorquons en arrière. La prospérité matérielle n’est pas la félicité morale, l’étourdissement n’est pas la guérison, l’oubli n’est pas le paiement. Aidons, protégeons, secourons, avouons la faute publique et réparons-la. Tout ce qui souffre accuse, tout ce qui pleure dans l’individu saigne dans la société, personne n’est tout seul, toutes les fibres vivantes tressaillent ensemble et se confondent, les petits doivent être sacrés aux grands, et c’est du droit de tous les faibles que se compose le devoir de tous les forts."

(Le Droit et la Loi, 1875)

samedi 28 janvier 2017

Se taire / Dominique Sampiero


« Il me faut peut-être commencer en racontant comment, depuis toujours, le silence ferme ma bouche sur tous ses secrets. Dans un mouvement de réclusion, de marée basse, une impuissance à dire vraiment ce que je suis, en me condamnant à la métaphore, à la phrase sombre, infinie, dire comment le silence ferme ma bouche sur cette haine, sur cette haleine de brume et de rivière. Comment finalement je renonce à nommer ceux qui m’emportent, je reste amarré au cœur de la violence et de la brièveté d’être au monde comme une barque gorgée de pluie. »


samedi 14 janvier 2017

Sommeil / Philippe Jacottet


Sur tout cela maintenant je voudrais
Que descende la neige, lentement,
Qu'elle pose sur les choses tout au long du jour
- elle qui parle toujours à voix haute -
et qu'elle fasse le sommeil des graines
d'être ainsi protégé, plus patient.


jeudi 12 janvier 2017

Calendrier



Onze janvier la mésange
un œil sur l’agenda
décrète
d’un ton ferme
le début de l’attente officielle du printemps.


Le café passe
Le jour sent le pain tiède
J’entrouvre la fenêtre.

Ce dimanche matin
sous ses voiles de brume
a des timidités et des rougeurs de jeune fille.


Cri des chats dans les cours
Dans la boue des jardins
C’est la longue plainte
du printemps qui pousse
de l’urgence d’amour.


Sous les draps mon amour
Nous demeurons longtemps.

Dans la cour le noisetier
est un squelette.


samedi 7 janvier 2017

"Nuit de la Lecture" : rendez-vous à Dijon



Quatre lecteurs de la Voix des Mots s'emparent de mes textes.
On échange, on partage, on boit un verre...
Le tout dans deux de mes lieux favoris à Dijon : 
rien que du bonheur en perspective !

mardi 3 janvier 2017

Premier de l'an




Je pars en givre
et en espoir

Je pars en deuil
je pars en danse

Je  pars en joie
je pars en noir

Je garde un oeil
sur le silence.